BULLETIN du MUSÉUM NATIONAL d’HISTOIRE NATURELLE PUBLICATION BIMESTRIELLE zoologie 344 N" 495 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1977 BULLETIN du MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE 57, rue Cuvier, 75005 Paris Directeur : Pr M. Vachon, Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte. Conseillers scientifiques : Dr M.-L. Bauchot et Dr N. Hallé. Rédacteur : M“® P. Dupérier. Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis 1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science. Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la 1^® série, et les tomes î à 42 (1929-1970), constituant la 2® série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers. A partir de 1971, le Bulletin 3® série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique — Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-cliimiques — Écologie générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés. S’adresser : — pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His- toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 9062-62) ; — pour les abonnements et les achats au numéro à la Librairie du Muséum, 36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 — Crédit Lyonnais, agence Y-425) ; — pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Abonnements pour l’année 1977 Abonnement général : France, 530 F ; Étranger, 580 F. Zoologie : France, 410 F ; Étranger, 450 F. Sciences de la Terre : France, 110 F ; Étranger, 120 F. Botanique : France, 80 F ; Étranger, 90 F. Écologie générale : France, 70 F ; Étranger, 80 F. Sciences physico-chimiques : France, 25 F ; Étranger, 30 F. International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070. BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL DTIISTOIIŒ NATURELLE 3® série, n® 495, novembre-décembre 1977, Zoologie 344 Aimélides Polychètes profondes de Madagasear Description de deux nouvelles espèces (Collections Crosnier et Jouannic) par Louis Amoufieux * Résumé. - Analyse d’une collection d’Annélides l’olychètes recueillies en 48 stations diffé¬ rentes par dragages et chalutages profonds (les trois quarts d’entre eux, entre 200 et 1 550 m) sur la façade occidentale et l’extrémité sud-orientale de Madagascar. On donne la liste des stations avec leur profondeur, situation géographique et faune. On décrit deux espèces nouvelles, Eunice insolita et Pseudoninoe tulearensis, puis la liste systématique des 49 espèces avec quelques remarques. Abstract. — 49 species of Polychaetous Annelids hâve been foiind by 48 dredgings and traw- lings around Madagascar, which 33 were at bathyal levels, from 200 to 1 550 meters. Two species are new for Science : Eunice insolita and Pseudoninoe tulearensis. A diagnosis is given. In the third part, we hâve the list of the 49 species, with stations and some notes. M. A. Chosnieh, de l’ORSl OM, puis le Muséum national d’Ilistoire naturelle de Paris nous ont envoyé, en janvier et mai 1975, deux petits lots d’Annélides Polychètes. Ces vers avaient été collectés par dragages et chalutages, de mars 1971 à février 1975, sur la façade occidentale et à l’extrême sud-est de Madagascar. Environ 150 iîidividus ont été dénom¬ brés. Ils se distribuent entre une cinquantaine d’espèces dont deux semblent inconnues jusqu’alors. Le présent article est une brève analyse de cette petite mais intéressante collection. Distribution des stations Nous donnons ici, sur la carte de Madagascar, les diverses zones intéressées par la pré¬ sente collection. Le tableau suivant précise la position exacte des points de prélèvements, le mode de ces prélèvements (chalutage ou dragage), la date, la profondeur, les coordonnées géographiques, d’après les indications fournies par les étiquettes des flacons. Nous avons pensé utile et pratique d’adjoindre une dernière colonne avec le nom des espèces recueillies à ces mêmes points. Il convient de signaler de suite l’intérêt de cette série de recherches et prospections : ce sont des prospections en niveaux souvent profonds, dans l’étage bathyal pour les trois * Laboratoire de Zoologie, IRFA, Université Catholique, B.P. 808, 49005 Angers. 495, 1 1094 LOUIS AMOUREUX quarts d’entre elles, niveaux jusqu’alors assez peu prospectés en ces régions. Sur les 48 points ou stations, 6 seulement se situent à moins de 100 mètres, 9 entre 100 et 200 mètres. Les 33 autres stations s’échelonnent entre 200 et 1 550 mètres. C’est sans doute ce qui explique la richesse et la variété inhabituelle des espèces recueillies. Fig. 1. — Madagascar. Les diverses zones prospectées. Les lunules en grisé indiquent les diverses zones de chalutages et dragages numérotées 1 à 5, en liaison avec la liste détaillée donnée dans le tableau. D-S : Diégo-Suarez ; N : Nosy-Bé ; M ; Majunga ; T ; Tuléar ; F-D : Fort-Dauphin ; à l’intérieur de Madagascar ; Ta ; Tananarive ; F. Fianarantsoa. A la partie nord- ouest ; trois des Comores, Mohcli, Anjouan et Mayotle. ANNÉLIDES POLYCHÈTES PROFONDES DE MADAGASCAR 1095 I'auleau . 1 — Stations et captures. Mode de PRÉLÈVEMENT Date Profondeur Latitude Longitude (en in) Sud Est Espèces capturées 1. Zone de Nosy-Bé Ch. 1 4-Il 1-1971 420 12052' 48010' Polyeunoa nigropunctala Chloeia longisetosa Ch. 3 4-111-1971 410 12052' 48010' Polyeunoa nigropunctala Ch. 4 4-111-1971 410 12052' 48010' Chloeia fusca Ch. 8 14-IV-1971 370 12043' 48014' Aphrodila ? alla Eunice gruhei Ch. 9 14-IV-1971 455 12042' 48013' Notopygos hispidus Ch. 10 14-1V-1971 350 12043' 48015' Harmothoe dictyophora Polyeunoa nigropunctala Notopygos hispidus Eunice grubei Ch. Il 14-IV-197I 380 12039' 48015' Polyeunoa nigropunctata Nereis ? zonata Ch. 13 15-IV-1971 310 12041' 48016' Notypygos hispidus Ch. 14 15-1V-1971 250 12043' 48015' Lepidonotus sp. Chloeia fusca Ch. 17 18-1-1972 360 12037' 48016' Eunice grubei Ch. l-VIll-1973 450 12039' 48015' Paralepidonotus anipulliférus Pherecardia striata Leocralides ehlersi Eunice afra — Eunice gracilis Dr. 1-V 11 1-1973 225 12041' 48016' Eunice ? ruhella Dr. 1-V II 1-1973 195 12O40' 48018' Hermione hystrix Dr. 2-V II 1-1973 56 12049' 48030' Pareulepis mcdayana Sthenolepis japonica Ch. 118 1()-.X-1974 950 12049' 48027' Potaniilla ? torelli Ch. 122 ll-X-1974 500 12043' 48012' .\coetinae sp. Ch. 123 ll-X-1974 310 12041' 48014' Notopygos hispidus Eunice ruhella Dr. 2 ll-X-1974 240 12038' 48016' Lepidaslhenia mandata Eunice grubei Dr. 4 ll-X-1974 310 12036' 48017' Augeneria ? tenlaculata Dr. 31-V11-1973 44 13042' 47049 ' Eupolyodontes amboinensis Ch.131 20-1-1975 1 550 13046' 47032 ' Notopygos hispidus Ch. 142 28-11-1975 1 250 13045 ' 47034 ' .Vcoetinae sp. X-1974 houée dérivante au lar^e de Nosy-Bé 2. Au nord de Majunga Amphinorne rostrala Ch. 43 7-XI-1972 250 15024' 4602' Leocrales diplognalhus Ch. 44 7-X1-1972 210 15025' 4601' Laetmatonice benthaliana Ch. 40 7-XI-1972 400 15019' 46011' Polyeunoa nigropunctala Ch. 52 8-XI-1972 150 I 502 I' 46012' ? Herment a acantholepis Eunice siciliensis 495. 2 1096 LOUIS AMOUREUX 3. Entre Majunga et Tuléar C.h. 120 15-1-197.3 1 500 I 705 O' 4307 ' llijalinoecia tubirolci Ch. 80 24-XI-1973 200 I 8055 ' 43050 ' iMehnatonice henthaliana Ch. 87 24-X1-1973 2.50 I 8055 ' 430 , 50 ' Eunice gruhei Cil. 88 24-X1-1973 300 I 8054 ' 4;io5,5' Eunice sp. Dr. 24-X 1-1973 120 I 805 O' ') Glycera concolula Eunice sp, Ch. 00 26-X1-1973 080 21024' 4 . 301 . 3 ' Uyalinoecia tuhicolu Ch. 91 20-XI-1973 500 21025' 43014' Sthenolepis incisa Ch. 102 29-XI-1973 1 000 22O20' 420,59' Eunoe sp. Ch. 100 .30-X1-1973 250 22010' 4 : 107 ' ? Atnphilrile eihvardsi 4. A l'ouest de Tuléar (dragages Ch. JouANNic) Dr, 15-11-1973 150 23034 ' 4 . 304 O' llarrnolhoe ? dictyophora Marphysa siraguluni Terebellides stroeini Dr. 15-11-1973 175 23023' 4;jo:i0' Lepidasthenia maculai a Sthenolepis japonica Chloeia fusca Dr. 20-11-1973 72 23023 ' 4 : 10 : 10 ' Epidiopatra sp. .Maldanidae sp. Dr. 20-11-1973 300 23023' 43035 ' Sternaspis scutata I )r. 21-11-1973 100 23022 ' 430 . 35 ' Spiophanes kroyeri reyssi Dr. 21-11-1973 100 2302 O' 430 , 35 ' Spiophanes kroyeri reyssi Pseiidoninoe tulearensis Dr. 21-11-1973 70 23038 ' 43033 ' Eunice sp. Ch. r/i 20-11-1973 350 23021 ' 4 . 30 , 3 , 3 ' Sthenolepis incisa Sthenelanella coraUicola Ch. 03 28-11-1973 250 2302 O' 4 . 3042 ' Lepidonotus sj). —- Eunice gruhei Eunice rubella 5. Au sud-est de Fort-Dauph in Ch. 08 3-111-1973 2.55 2508 ' 4 7021 ' Lepidonotus sp. Eunice ? tuhife.r Eunice insolita Ch. 71 3-111-1973 110 2 . 5013 ' 47017 ' Eunice rubella Ch. 72 ,3-111-1973 90 250 II' 47014 ' ilermione hysin.c 11 yperhalosydna striata Leonnates pjusseaumei Nereis picteti — Eunice srubei Eunice auslralis Polamilla reniformis Ch. 7-1 4-111-1973 28 2504 ' 4 O 055 ' Laeonereis ankyloseta Deschiption des deux espèces nouvelles Eunice insolata n. sp. (Fig- 2) L’unique représeiilanl est une région antérieure de 13 nini avec seulement 30 sétigères prés(‘n ts. Le fragment très ahîrné appartient sans nul doute au genre Eunice par son prostomium ANNÉLIDES POLYCHÈTES PROFONDES DE MADAGASCAR 1097 Fig. 2. — Eimice insolila n. sp. Parapode : b, hi'ancbie ; c d, cirre dorsal ; c v, cirre ventral ; s, soie ; a, aciculc bilolié, ses cinq antennes occipitales pins ou moins annelées et ses deux cirres tentaculaires allongés au segment apode post-buccal. L’antenne médiane est de longueur approximativement doidile de celle du prosto- mium ; les antennes intermédiaires sont légèrement plus courtes et les antennes latérales insérées au voisinage immédiat des yeux ne dépassent guère le proslomium. Les cirres tenta¬ culaires sont allongés, grêles, plus ou moins annelés et de la taille des antennes inti'rmé- diaires. L’appareil masticateur comporte le labre blanchâtre, à bord crénelé, puis cinq paires de mâchoires de formule : M I : crocs ; M 2 : 0 + 8 ; M 3 : 8 + 0 ; M 4 ; 8 -f- 10 ; M 5 : plaques. La branchie débute comme un très court filament, une excroissance dorsale sur la liase du cirre, au 10® sétigère. Elle devient plus longue ensuite, mais l’état de délabrement ne permet pas d’analyse plus précise de cet élément. L’aspect le plus remarquable et vraiment insolite (d’où le nom spécifique) de cet Euni- cien se situe dans l’appareil sétal. Le parapode uniramé porte deux gros acicules clairs à pointe mousse et un ensemble de 12 à 18 soies dorées, simples, à pointe bifide, mais abso¬ lument rien d’autre : ni soies pectinées, ni soies composées, ni soies aciculaires. Pour ces dernières, l’animal en avait peut-être sur les pieds postérieurs, mais nous ne connaissons pas dans la littérature d’exemple d’Eunicien du genre Eunice, totalement dépourvu de soie conqiosée sur les 30 premiers pieds, comme ici. L’exemplaire est unique, incomplet et abîmé. Peut-être est-il dès lors hasardeux d’en faire une nouvelle espèce ; cependant nous employons un taxon neuf pour attirer l’attention et signaler le fait aux chercheurs. 1098 LOUIS AMOUREUX L’holotype a été déposé, comme la presque totalité de la collection, au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris où il est enregistré sous la rubrique AK 132. 11 provient d’un chalutage à 255 m de profondeur, près de Fort-Dauphin (Clialutage 68. du 3-111-1973). Pseudoninoe tulearensis n. g., n. sp. (Fig. 3 et 3 bis) Un seul exemplaire, très incomplet d’un Eunicien très énigrnaticpie. Le ver mesure 4 cm de longueur pour une largeur de 1,5 mm environ dans sa partie antérieure légèrement aplatie dorso-ventralement. L’ensemble comporte le prostomium, le segment buccal, un second segment achète et 101 sétigères que l’on peut répartir en trois régions successives d’importance très inégale (fig. 3 et 3 bis). Le prostomium apparaît comme un rectangle aux bords arrondis surtout antérieure¬ ment, totalement dépourvu d’appendices, d’yeux ou d’organes nucaux. Le péristome ou segment buccal, un peu plus large que les segments suivants, laisse émerger la zone basale du proboscis légèrement protractée. On observe sur cette zone de petites papilles molles globuleuses vaguement disposées selon des cercles ou arcs de cercles, un peu comme on les observe sur les trompes de Capitellidae du genre Notomastus. Après ouverture au scalpel, nous avons pu observer l’appareil buccal assez spécial, aux deux moitiés, droite et gauche, à peu près symétriques, sans pièce impaire dans le plan médian (fig. 3 his, E). Le labre ventral est noirâtre, formé de deux pièces partiellement accolées dans le plan sagittal, aux extrémités postérieures grêles, allongées. 11 y a quatre paires de mâchoires dorsales. La première, M 1, est la plus forte ; elle possède à son rebord interne une série de six dents triangulaires échelonnées ; la première de ces dents est plus allongée que les autres et sa pointe s’incurve à angle droit par rapport au plan général de la pièce (fig. 3 bis, E 1). La seconde paire de mâchoires M2 est encore assez allongée et compte c Fig. 3. — Pseudoninoe tulearensis n. g., n. sp : A, région antérieure en vue latcro-dorsale ; B, C, D, parapodes antérieur, moyen et postérieur : b, braiichie ; c d, cirre dorsal ; c v, cirre ventral. ANNÉLIDES POLYCHÈTES PROFONDES DE MADAGASCAR 1099 Fig. 3 liis. — Pseiidoninoe tulearensis n. g., n. sp. : E, ajipai'eii inasticatour avec le Labre (L) et les quatre paires de mâchoires dorsales (1 à 4) ; F, soie iiilerieure. ciiK| dents liieii distinctes à gauche et à droite. Les pièces M 3 et M 4 sont des éléments brun-noir beaucoup moins importants, avec deux dents à chaque M 3 et une seule à chaque M 4( fig. 3 bis, E). Les 101 sétigères présents ont tous le même arrangement sétal. Les pieds sont uniramés avec un ou deux acicules légèrement plus épais que les soies et de même coloration. Ils s’en distinguent par leur implantation beaucoup plus profonde dans ranimai. Dorsalement à eux, un faisceau de 6 à 12 soies capillaires sans limlie quelconque et en dessous de ce premier faisceau de soies, un second faisceau de soies à première vue tout à fait similaires ; en réalité, ce sont des soies composées à article terminal cultriforme (lig. 3 bis, F). Pour l’analyse des formations tégumentaires parapodiales molles, il faut distinguer trois régions d’avant en arrière, passant progressivement de l’une à l’autre. Première région (sétigères 1 à 5-6) (fig. 3, A et B) : Un petit cirre dorsal situé dans le plan transversal du mamelon sétigère qui devient de plus en plus allongé en se rapprochant de la région dorsale. En dessous de lui, une lame tégumentaire présétale, d’abord peu dis- 1100 LOUIS AMOUREUX tincte, puis mieux individualisée de segment en segment ; enfin un petit « cirre » ventral, légèrement en arrière du mamelon sétal. Deuxième région (sétigères 6-7 à 30 environ) (fig. 3, A et C) : Le cirre dorsal a grandi, s’est bien séparé du mamelon sétigère, est devenu une lame aplatie dans le sens transversal et bifide. La lamelle présétale du mamelon bien plus importante que sur les pieds précédents développe une « corne » supérieure en triangle curviligne aplati un peu à la manière des « branchies » en pointe triangulaire de certains Notomastus. 11 se pourrait du reste qu’ici également cette expansion ait un rôle branchial. Enfin, le cirre ventral persiste, plus déve¬ loppé qu’aux premiers pieds, mais masqué, si l’on n’y prend garde, par la zone ventrale de la lame présétale. Troisième région : Le cirre dorsal s’est encore modifié. 11 a perdu son aspect bifide précédent pour n’être plus qu’une lame triangulaire dressée à la partie latéro-dorsale, un peu à la manière des branchies d’Ariciens. Latéro-ventralement à lui, la « corne » dorsale présétale s’est individualisée par rapport à cette lamelle ; elle est désormais un filament grêle, de longueur sensiblement égale au cirre dorsal (fig. 3, D). Elle semble bien, elle aussi, avoir une structure branchiale. Discussion Par son prostomium, par l’allure générale de ses pièces buccales, cet exemplaire semble devoir faire partie de la sous-famille des Lumbrinerinae. La présence d’éléments branchiaux dérivés d’une lamelle sétale le rapproche du genre Ninoe. 11 en diffère toutefois par trop d’éléments pour y être inclus. Aussi pour connoter à la fois ces ressemblances et différences génériques Tavons-nous dénommé « Pseudoninoe », tandis que le terme spécifique « tulearensis » rappelle sa provenance. L’exemplaire provient en effet d’un dragage effectué le 21-11-1973 à 100 mètres de profondeur par Ch. Jouannic (23°20' Sud, 43°35' Est). Il est déposé au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, enregistré sous le n° AK 133. Liste des espèces présentes dans la collection 1. Hermione hyslrix Savigny, 1820 Deux exemplaires de 3 cm de longueur, l’un de Nosy-Bé à 200 m ; l’autre près de Fort- Dauphin, à 90 m de profondeur. 2. Laetrnatonice benthaliana Mcintosh, 1885 Trois exemplaires d’environ 3 cm de longueur : deux, au nord de Majunga, à 200 m ; l’autre, entre Majunga et Tuléar, à 200 m également. 3. Aphrodita alla Kinberg, 1855 Un seul exemplaire de 25 mm à 370 m de profondeur, près de Nosy-Bé. ANINÉLIDES POLYCHÈTES PROFONDES DE MADAGASCAR 1101 lui. — Lepidonotus sp. fragment d'élytre avec ses diverses ornementations ; s.d., soies dorsales ; s.v., soies ventrales. 4. Pareidepis rualayana (llorst, 1913) Un exemplaire de la région de Nosy-l3é, à 5B ni de profondeur, en parfait accord avec la description revue par Pettibone (1969 : 12). 5. Paralepidonotus ampulliferus (Gruhe, 1878) Un exemplaire de 1 cm de longueur, à 450 m de profondeur au nord de Nosy-Bé. Entier, mais privé de ses antennes et cirres dorsaux. Les quatre élytres présents (15 p. d’élytrophores) ont l’ornementation qu’en donne Day (1957 ; 64 ; 1967 : 47). 6. Polyeunoa nigropunclala (Horst, 1915) Vingt-trois exemplaires ramenés par chalutages entre 350 et 430 m de profondeur, de Nosy-Bé, sauf un. Dix-sept étaient dans des Eponges Euplectella. Le nombre de leurs segments élytropliores varie de 15 à 21. Ils s’accordent avec la mise au point de Petti¬ bone (1969). 7. Eiinoe sp. Un exemplaire trompié avec 42 sétigères et 16 mm de long, privé de ses élytres. Du chalutage 102 à 1 000 m de profondeur, devant Majunga. 8. Ilarniothoe diclyophora Gruhe, 1878 1102 LOUIS AMOUREUX Deux exemplaires, l’un de Nosy-Bé (350 m), l’autre de Tuléar, d’un chalutage entre 100 et 200 m. 9. Hennenia acantholepis Gruhe, 1875. Un seul exemplaire, au nord de Majunga, à 150 m de profondeur. 10. Lepidonotus sp. (fig. 4) Cinq exemplaires, en provenance de la même profondeur 250 m, mais de trois zones très écartées : trois sont de Nosy-Bé (chalutage 14), un quatrième vient de Tuléar (chalutage 63), le dernier de Fort-Dauphin (chalutage 68). Ce sont des Lepidonotus par leurs antennes latérales à insertion terminale et leurs 12 paires d’élytres. Ceux-ci sont sans franges, avec trois types d’ornementations sur la surface : un nombre très variable de grandes épines coniques plus ou moins aplaties comme celles des tiges de rosiers (3 à 8 par élytre, surtout près du bord postérieur) ; de petits tubercules sphériques, très nombreux, surmontés d’un bouquet en étoile à 4-5 courtes branches, dissé¬ minés sur toute la surface ; enfin, de très petits tubercules sphériques ou coniques sans aucune aspérité, disséminés entre les ornements précédents. Toutes les soies sont simples : 10 à 15 par rame dorsale, toutes semblables, assez épaisses, à pointe terminale mousse avec des serrulations transversales dans une zone courte à peine élargie. Aux rames ventrales les soies sont plus nombreuses à zone épineuse légèrement renflée précédant la pointe terminale lisse ornée d’une dent secondaire peu marquée. La forme la plus voisine nous semble être L. [TJiormora) jukesi (Baird, 1865). 11. Uyperhalosydda striata (Kinberg, 1855) Un exemplaire de 28 mm avec 20 paires d’élytres formant un dessin de bandes trans¬ versales sombres et claires caractéristique. De Fort-Dauphin, à 90 m de profondeur. 12. Lepidasthenia maculata Potts, 1910 Deux exemplaires, réduits à leur partie antérieure, de Nosy-Bé (240 m) et Tuléar (175 m). 13. Eupolyodonles amhoinensis Malaquin et Dehorne, 1907 Une courte et très épaisse région antérieure avec deux gros ommatophores. L’espèce a été signalée récemment près de Tuléar par Thomassix (1970 : 52-54). L’exemplaire pro¬ vient d’un dragage à 44 m, près de Nosy-Bé. Acoetinae sp. Deux fragments très abîmés, l’un d’un chalutage près de Nosy-Bé (1 250 m), l’autre d’un chalutage à 500 m au nord de ce même îlot. 14. Sthenolepis japonica (Mcintosh, 1885) Deux exemplaires à faibles profondeurs, Nosy-Bé (56 m) et Tuléar (175 m). 15. Sthenolepis incisa (Grube, 1877) Trois exemplaires, de profondeurs plus élevées que les deux S. japonica ci-dessus : l’un à 500 m, les deux autres à 350 m au nord-ouest et à l’ouest de Tuléar. Ils sont en plein accord avec la diagnose revue par Pettibone (1970). ANNÉLIDES POLYCHÈTES PROFONDES DE MADAGASCAR 1103 16. Sthenelanella corallicola Thoniassiii, 1972 Un exemplaire avec les deux Slhenolepis incisa ci-dessus. Nous avions observé deux exemplaires de cette espèce, mais à des niveaux beaucoup moins profonds près de Nosy-Bé (1974). 17. Amphinorne roslrata (Pallas, 1766) Ces trois exemplaires ne viennent ni de chalutages ni de dragages. Ils ont été recueillis en octobre 1974 par P. Furic sur une bouée dérivante au large de Nosy-Bé. 18. Chloeia fusca Mclntosh, 1885 19. Chloeia longisetosa Potts, 1909 Quatre exemplaires à peu près décolorés à l’exception de leurs cirres dorsaux violacés. L’un provient d’un fond de 175 m, à l’ouest de Tuléar ; les trois autres (dont C. longisetosa) de chalutages au nord de Nosy-Bé, entre 250 et 400 m. 20. Notopygos hispidus Potts, 1909 Quatorze exemplaires, tous autour de Nosy-Bé ; onze d’entre eux, de chalutages entre 300 et 460 m ; les trois autres d’un chalutage entre 1 500 et 1 600 m. 21. Pherecardia striata (Kinberg, 1857) Un très bel exemplaire de 7 cm, à 450 m de profondeur au nord de Nosy-Bé. 22. Leocrates diplognathus Monro, 1926 Un exemplaire de 35 mm à 16 sétigères birèmes. On y observe très bien la bande trans¬ versale intersegmentaire signalée par Monho (1926) puis par F.\uvei. (1953 : 107). 11 a été capturé au nord de Majunga, à 250 m de profondeur. 23. Leocratides ehlersi (Horst, 1921) Un exemplaire de 35 mm comme le précédent, dont il se sépare par l’absence totale de soie à la rame dorsale marquée seulement par l’acicule. D’un fond de 450 m, à l’ouest de Nosy-Bé. Fig. 0. — Nereis picteti d’après .Malaquin et Dkiiohne, 1907 : A, face dorsale ; B, face ventrale. 1104 LOUIS AMOUREUX 24. Leonnates jousseautnei Gravier, 1901 Une courte région antérieure de 2 cm capturée près de Fort-Dauphin, à 85-90 ni de profondeur. 25. Nereis cf. zonala Malmgren, 1867 Un exemplaire long de 6 cm et d’attribution spécifique hésitante. Du chalutage 11, au nord de Nosy-Bé, à près de 400 m de profondeur. 26. Nereis picteti Malaquin et Dehorne, 1907 (fig. 5) Un individu complet en plusieurs fragments, en provenance de la région de Fort- Dauphin, chalutage 72, à 85-90 m de profondeur. Prostomium sans incision entre les antennes, quatre paires de cirres tentaculaires assez courts, trompe avec deux crocs et des paragnathes cornés, coniques, distribués comme suit : I : 4-5 en ligne sagittale ; II : amas ou arcs obliques de 8-10 ; III : 4 en ligne sagittale ou presque ; IV ; ligne longitudinale sinueuse de 10-12 ; V : 0, VI : amas transversal de 6-8 ; VII-VIII : une ligne transversale jaunâtre sur laquelle on voit encore 3 paragnathes rapprochés, comme si les autres étaient tombés. Aux rames dorsales (les premières ont trois languettes), il n’y a que des soies en arêtes homogomphes. Aux rames ventrales moyennes et postérieures, le faisceau supérieur porte, entre autres, une grosse soie falcigère à hampe plus ou moins nettement soudée avec l’article terminal. Cette soie apparaît aussi, mais avec décalage de quelques pieds au faisceau ventral inférieur. Notre exemplaire présente bien des points de ressemblance avec Nereis anchylocheta de Horst, 1924. Cependant cette dernière n’a qu’un ou zéro paragnathe dans le champ VI. Notre exemplaire nous semble plus proche de la Nereis picteti de Malaquin et Dehorne, 1907 (fig. 5), malgré des différences dans le nombre des paragnathes. Au reste, FIorst lui-même se demandait si les deux espèces n’étaient pas à mettre en synonymie (1924 : 157). Nous le pensons également. 27. Laeonereis ankijloseta Day, 1957 Un petit exemplaire aux yeux très dilatés et à trompe bien protractée. Il a été trouvé à 28 m de profondeur, près de Fort-Dauphin. Selon Day, c’est une espèce cantonnée en zones peu profondes, en estuaires. 28. Glycera convoluta Keferstein, 1862 Un exemplaire tronqué ramené par dragage entre 90 et 140 m, de la zone située entre Majunga et Tuléar. 29. Eunice siciliensis Grube, 1840 Un exemplaire incomplet, de 13 cm, capturé à 150 m de profondeur, au nord de Majunga. 30. Eunice gracilis (Crossland, 1904) Deux exemplaires de 3 et 10 cm, à 450 m de profondeur près de Nosy-Bé. 31. Eunice australis Quatrefages, 1865 Trois exemplaires — un seul est entier — en provenance de la même station, à 85- 90 m, près de Fort-Dauphin. ANNÉLIDES POLYCHÈTES PROFONDES DE MADAGASCAR 1105 32. Eunice tubifex Crossland, 1904 Un fragment antérieur de 13 mm et 40 sétigères. Antennes et cirres sont légèrement moniliformes, sans articulations véritables. Aux rames sétigères, il y a des soies capillaires, des soies pectinées et des soies composées à article terminal cullriforme. A partir du vingtième pied apparaissent des soies aciculaires foncées à capuchon très réduit. Notre fragment s’écarte un peu de la diagnose originale en ce qui concerne l’appareil branchial. Selon Crossland, la branchie débute seulement vers le 25-30® pied et se continue jusqu’au voisinage du pygi- dium ; elle compterait en outre 5 à 6 fdaments aux branchies antérieures. Ici, les branchies apparaissent dès le sixième sétigère ; elles ont bien 5 à 6 filaments peu après, mais elles sont totalement absentes dès le 18® pied. L’exemplaire vient du chalutage 68, à 255 m, près de Fort-Dauphin. 33. Eunice grubei Gravier, 1900 Seize individus, entiers ou fragmentaires, ne dépassant pas 10 cm de longueur. Ils proviennent des diverses zones prospectées, de profondeurs comprises entre 250 et 360 m pour les zones occidentales et de 90 m seulement pour ceux qui viennent de la zone de Fort- Dauphin. 34. Eunice afra Peters, 1854 Quatre exemplaires. Les deux plus grands sont entiers (8 et 9 cm). La branchie y débute aux 12® et 14® rames sétigères, elle ne possède qu’un filament. Toutefois, sur l’exemplaire le plus long, de 112 sétigères, elle a deux filaments entre les 76® et 96® sétigères. Elle existe jusqu’aux tout derniers pieds. Tous quatre proviennent du même chalutage, à 450 m de profondeur, au nord de Nosy- Bé. 35. Eunice rubella Knox, 1951 Sept exemplaires, dont six entiers, de 5 à 8 cm de longueur, avec 103 à 135 sétigères. Ils ont été recueillis sur des fonds de 100 à 300 m à Nosy-Bé et Fort-Dauphin. Knox les signale à de semhlahles profondeurs en Nouvelle-Zélande (1972). 36. Eunice insolita n. sp. (voir p. 1096) 37. Marphysa slragulum Grube, 1878 Un exemplaire très incomplet et fragmenté, à prostomium arrondi, sans écbancrure anté¬ rieure, avec cinq antennes occipitales, la médiane de longueur double du prostomium. Pas de cirres tentaculaires, une zone branchiale bien délimitée, entre les 16® et 31® sétigères, avec branchies pectinées comportant jusqu’à trente filaments. L’appareil sétal se compose de soies capillaires, de soies pectinées et de soies composées cultriformes. On compte deux aci- cules par pied et, à partir du 20® sétigère, deux soies aciculaires plus ou moins foncées, à extrémité simple. L’espèce ne figure pas dans la Faune d’Afrique australe de Day (1967). Par contre, Fauvel la mentionne dans sa Faune de l’Inde (1953). L’exemplaire provient d’un dragage entre 100 et 200 m, aux environs de Tuléar. 1106 LOUIS AMOUREUX Euiiicinae sp. fragmentaires, pas déterminables au-delà de la sous-famille. Quatre fragments de points différents entre Majunga et Tuléar, de 70 à 300 m. 38. Epidiopatra sp. Une région antérieure de 34 sétigères, de 15 mm de longueur. Le prostomium et les cinq premiers sétigères constituent une zone régénérée comme l’atteste avec évidence la largeur très réduite et la coloration pâle de cette partie par rapport aux segments suivants. Les sept antennes sont nettement observables, il n’y a pas de cirres tentaculaires au seg¬ ment apode ; la branchie débute au cinquième sétigère, le dernier du régénérât, et s’observe sur tons les segments normaux qui suivent. On n’a pas vu de soies pseudocomposées aux premiers pieds. Vu l’état de régénération de la partie antérieure, un doute subsiste entre les genres Diopatra et Epidiopatra. L’exemplaire provient d’un fond de 160 m, aux environs de Tuléar. 39. Ilyalinoecia tuhicola (Müller, 1776) Deux exemplaires de quelques centimètres dans leurs tubes très caractéristiques. Ils \ieunent de deux chalutages à 700 et 1 500 m, entre Majunga et Tuléar. 40. Augeneria tentaculata Monro, 1930 Un fragment antérieur de 5 cm de longueur et 1 mm de largeur, à prostomium large, en arc de cercle antérieurement, avec trois courtes antennes occipitales presque totalement masquées par le segment buccal. Aux vingt-cinq sétigères antérieurs, de 3 à 5 soies simples limbées, de 7 à 9 soies en crochets composés encapuchonnés multidentés, puis une ou deux soies capillaires limbées ventrales. La partie terminale des crochets composés est d’abord assez allongée ; elle va se raccourcissant progressivement et l’on passe ainsi du crochet composé au crochet simple multidenté. Ni cirre dorsal ni cirre ventral. Le système buccal correspond bien à celui que donne Monho (1930 : 140-142). Fauchald (1970 : 70-73) semble rejeter le genre Augeneria pour l’incorporer au genre Lumbrineri.s. Pour notre part, nous préférons le maintenir. L’espèce A. tentaculata n’était connue, jusqu’alors, que des zones antarctique et suban¬ tarctique. Ici, elle est trouvée, grâce à cet exemplaire, en pleine zone tropicale sud-équato¬ riale. Le ver a été dragué en des sables calco-quartzeux à 310 m de profondeur, au nord de Nosy-Bé, le ll-X-1974. 41. Paeudoninoe tulearensis n. g., n. sp. (voir p. 1098) 42. Spiophane.s kroyeri reyssi Laubier, 1964 Huit régions antérieures de 20 à 30 sétigères, accompagnées de quelques fragments moyens. De deux dragages à 100 et 140 m de profondeur, dans les parages de Tuléar. 43. Capitellidae sp. Un fragment moyen de 20 segments à soies et crochets encapuchonnés, ramené de 56 m de profondeur, au nord de Nosy-Bé. ANNÉLIDES POLYCHÈTES PROFONDES DE MADAGASCAR 1107 44. Sternaspis sculala (lleiiier, 1807) Trois exemplaires très abîmés, des environs de Tuléar, à 300 m de fond. 45. Maldanidae sp. l'n fragment postérieur de 5 cm de long, en un tube muqueux de couleur rouille, avec 15 sétigères à soies capillaires dorsales et uncini multidentés à barbules sur un seul rang ; puis, 3 anneaux achètes et le pygidium en coupe circulaire évasée bordée de 24 cirres tenta¬ culaires égaux triangulaires avec un autre cirre de longueur double en position sagitto-ven- trale. Au milieu de cette coupe, un cône avec anus au sommet. 40. Terehellides slroenti Sars, 1835 l n exemplaire île 15 mm, des environs de 1 uléar, entre 150 et 250 m. 47. ? Amphitrite edwardui (Quatrefages, 1865) Un exemplaire très abîmé, tronqué, de 4 cm de longueur et 4 mm de diamètre antérieur. Pas d’yeux cépbaliipies, 3 paires de branchies arbustives, 17 sétigères thoraciques à soies dorsales limbées finement mais certainement dentelées à leur extrémité ; elles débutent sur le dernier segment branchifère. Les uncini sont en rangées doubles aux dix derniers segments thoraciques, en rangées simples ensuite. Au premier uncinigère, ils semblent pos¬ séder un prolongement chitineux. Par ce dernier aspect, l’exemplaire appartiendrait au genre Pista : par l’aspect nettement dentelé des soies capillaires thoraciques, ce genre est exclu : d’où l’incertitude de détermination. Du nord-ouest de Tuléar, chalutage 106, à 250 m de profondeur. 48. Potamilla lorelli Malmgren, 1866 Un e.xemplaire de 35 mm, de la région de i\osy-Bé, chalutage 118, entre 925 et 975 m. 49. Potamilla renifonnis (Müller, 1771) Un exemplaire porteur de gros yeux composés en file unicpie par plusieurs des 61a- ments du panache branchial. 11 provient du chalutage 72, au large de Fort-Dauphin. Conclusions Petite par le nombre d’indi\idus, cette collection d’Annélides Polycbètes recueillies par MM. Crosnier et .Jouannic n’en paraît pas moins très intéressante à divers titres. 1. Elle est très variée : cinquante espèces environ pour 150 indiv'idus : c’est un beau taux de diversité. 2. Elle permet de retrmner des formes assez rarement rencontrées depuis leur première découverte, telles Eupolyodontes amhoinensis ou A'ereis picteti. 3. Elle signale certaines espèces jusqu'alors circonscrites à des régions toutes diffé¬ rentes : par exemple Augeneria, tentaculata, considérée jusqu’alors comme forme antarc¬ tique ou subantarctique, se retrouve dans la région tropicale. 4. bdle met en évidence l’existence de formes jusqu’alors totalement inconnues, telles 1108 LOUIS AMOUREUX Eiinice insolila et Pseiidoninoe tulearensis. Dans un passé relativement récent, ces mers circummalgaches nous ont bien fait retrouver N’ivant le célèbre Cœlacanthe (jue l’on croyait fossile depuis le Primaire. Pourcjuoi des recherches multipliées ne nous feraient-elles pas inventorier des formes plus petites totalement inconnues juscpi’à ce jour ? •le remercie M. Cuosmer et le .Muséum national d’IIistoire naturelle qui m'ont confié cette collection pour analyse. Je remercie également Mr le Chanoine Rui.i.if.r, mon maître depuis bien longtemps, qui m’a aidé de diverses manières au cours de cette étude et a bien voulu revoir et con¬ firmer la justesse de mes observations sur les formes plus insolites. La collection a été remise au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris (Laboratoire des Vers) où elle est enregistrée sous les n°® A K 132, A K 133 et suivants. (Quelques exemplaires et des montages sur lames ont été également conservés au l.aboratoire de Zoologie de l’I niversité Catho¬ lique d’Angers. HÉFKMKNCRS BIBLlOC.HAPHIQUES Amoureux, L., 1974. — Annélides Polychètes de -Madagascar recueillies par C. Cherbonnier en 1960. Bull. Mus. natn. 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IMPRIMERIE NATIONALE 7 564 004 5 Recommandations aux auteurs Les articles à publier doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompa¬ gnés d’un résumé en une ou plusieurs langues. L’adresse du Laboratoire dans lequel le travail a été effectué figurera sur la première page, en note infrapaginale. Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres et d’espèces soulignés d’un trait). Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux compli¬ qués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure. Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants : Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des « auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2* sér., 42 (2) : 301-304. Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p. Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine. Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant, et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé. Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin, en une ou plusieurs fois. Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬ tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure, pourront être facturées aux auteurs. Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. 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